Pourquoi chercher des alternatives ?

Alternatives à notre productivisme actuel : une nécessité à plus ou moins long terme

L’agriculture est actuellement en phase de restructuration. En effet, elle doit ou devra à plus ou moins long terme faire face à bon nombre de problèmes. Ceux-ci sont d’ordre démographique, écologique et sanitaire.

Défis démographiques :

D’après les prévisions démographiques, la planète comptera plus de 9 milliards d’êtres vivants d’ici 2050. Cela représente autant d’individus à nourrir et à loger, alors que la surface agricole de la Terre n’est ni étirable ni modifiable.

La seule solution envisageable semble donc être une augmentation du rendement par parcelle. Or nous avons vu précédemment que le productivisme réalisé en France et ailleurs dans le monde n’a pas eu les résultats escomptés, ou du moins sur le long terme. Le productivisme est la recherche constante d’un meilleur rendement, d’une augmentation de la production, sans se soucier des conséquences humaines et environnementales.

En effet, les conséquences actuelles de ce mode de production sont l’appauvrissement des sols, et la trace de substances toxiques dans les produits destinés à la consommation, provenant des produits phytosanitaires et engrais (fournis à la plante dans le but de pallier à l’appauvrissement du sol en certains nutriments par exemple).

De plus, notre agriculture va devoir faire face et s’adapter aux changements climatiques qui risquent de réduire le rendement actuel, pour augmenter ce dernier.  Il n’augmente déjà plus depuis maintenant une dizaine d’années.

Défis écologiques :

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Aujourd’hui, 80% des surfaces agricoles sont destinées à l’alimentation du bétail, sans compter l’exportation. 400 zones aquifères potables sont abandonnées par an car jugées trop contaminées par les nitrates, pesticides ou autres produits phytopharmaceutiques. La dépollution de l’eau coûte ainsi 1,7 milliards d’euros par année à la France.

L’agriculture est ainsi l’une des causes principales de la pollution de l’eau par les phosphates, pesticides et nitrates. Moins connu, elle est aussi l’une des premières causes de pollution atmosphérique et de production de gaz à effets de serre; et a également un impact énorme sur la préservation de la biodiversité et la disparition d’espèces.

Elle est responsable de l’appauvrissement des sols et du manque d’eau dans certaines zones. L’apport d’intrants de synthèse paraît alors nécessaire, etc. On entre donc dans un cercle vicieux, d’où la nécessité de restructurer ce domaine et de proposer des alternatives.

niveaux trophiques eauOn peut alors remarquer une eutrophisation de certains lacs par exemple, quand l’eau est surchargée en éléments nutritifs comme l’azote ou le phosphate qui passent dans les eaux souterraines ou de surface. Cela peut intoxiquer la faune et la flore présentes initialement dans le milieu contaminé, ou favoriser la production de microalgues particulières qui vont pouvoir se révéler toxiques pour le milieu.

De plus, les fongicides, herbicides et insecticides polluent de l’eau et peuvent également se révéler néfastes pour l’homme. En détruisant les mauvaises herbes et insectes jugés néfastes, ils agissent aussi sur la biodiversité.

Comme dit précédemment, l’agriculture est une cause majeure de la pollution atmosphérique, par sa production importante d’ammoniac par exemple. Le bétail en produit 40% dans le monde, les engrais minéraux 16% et les résidus de culture 18%. L’ammoniac est à l’origine des pluies acides détériorant les arbres, acidifiant les sols et les zones aquifères.

epandage-aerien-de-pesticides-aux-philippinesUn contrôle de l’utilisation de ces produits paraît donc plus que nécessaire si nous voulons pouvoir continuer à nourrir la population mondiale de manière décente. Une évolution de nos modes de vie semble également se profiler, notamment vis-à-vis de notre consommation très importante de viande. La diminuer contribuerait à diminuer les émissions d’ammoniacs dans l’atmosphère, avec toutes leurs conséquences citées précédemment.

L’agriculture est également responsable d’une partie non-négligeable des émissions atmosphériques de gaz polluants comme l’oxyde nitreux ou le gaz carbonique. Ceux-ci sont émis lors de la combustion des résidus de cultures ou de forêts pour agrandir une zone cultivable ou régénérer un sol pour détruire les ravageurs et favoriser les nouvelles récoltes. Ces gaz sont considérés comme polluants . En effet, leur augmentation dans l’atmosphère a de nombreuses conséquences. Il s’agit de gaz à effets de serre provoquant des changements climatiques et notamment une hausse de la température, causant elle-même la montée des eaux. De plus, on note une acidification des océans, due à la transformation du CO2 absorbé par les océans en acide carbonique.

De plus, l’élevage produit ¼ des émissions de méthane. Ce gaz, bien que restant moins longtemps dans l’atmosphère que les acides carboniques, a une capacité d’échauffement 20 fois supérieure. La culture du riz est également une grande productrice de méthane.

Face à cette évolution climatique, l’agriculture va devoir s’adapter. En effet, les températures moyennes devraient augmenter de 1,4 à 5,8°C d’ici 2100. Cette augmentation redessinera la carte des zones propices à l’agriculture ou non, rendant des zones favorables et d’autres trop humides ou sèches. De plus, cela agrandira la zone d’action des ravageurs, provoquant l’utilisation de produits chimiques de synthèse et donc la pollution, etc. Cela entraînerait aussi une augmentation des précipitations, mais là encore de manière inégale selon les zones. Le climat devrait également être plus variable, ce qui pourrait se révéler dangereux pour les cultures fragiles aux intempéries. Cela favorisait aussi l’érosion et donc l’appauvrissement des sols.

Son impact sur la biodiversité ne peut pas non plus être ignoré. En effet, celle-ci est fortement reliée à la présence de zones non-habitées ni cultivées. Or ces surfaces diminuent fortement, que ce soit pour l’habitat ou l’agriculture, entraînant une baisse de la diversité.

Défis sanitaires :

cautionpesticidesLes agriculteurs sont fortement exposés aux produits chimiques de synthèse qu’ils utilisent pour protéger leurs plantes ou pour accélérer leur croissance. Or nous avons vu leurs propriétés polluantes. Ces produits sont-ils donc directement dangereux pour la santé humaine ?

La réponse est oui, pour un certain nombre d’entre eux.

Il existe alors 3 voies de contamination : respiratoire, dermique et orale.

La classification toxicologique classe ainsi ces substances toxiques en deux catégories : les effets aigus et chroniquement retardés. Les premiers agissent sur le court terme et les derniers sur le long terme.

Voici la classification utilisée pour les effets sanitaires aigus :

effets aigus

Ces mécanismes demeurent cependant méconnus pour la plupart. Ainsi, le plus connu est celui d’inhibition enzymatiques. Certains produits phytopharmaceutiques empêcheraient donc des enzymes de fonctionner. Deux grandes familles de produits en sont responsables chez l’homme : les organophosphorés et les carbamates. Nous avons par ailleurs traité le cas du Malathion dans la rubrique « insecticides ».

16741618582_ab80e6ca02_bLes organophosphorés sont des insecticides utilisés à partir des années 70. Ils seraient responsables d’environ 10 000 morts par ans dans le monde, suite à des intoxications volontaires ou accidentelles.

Leurs effets sont neurologiques. L’intoxication est visible entre 30 et 90 minutes après l’exposition au produit. La mort intervient ensuite après des complications cardiaques et arrêt respiratoire.

D’autres effets aigus sont des maux de têtes, nausées, vomissements, etc.

Une étude a recensé les incidents de ce type entre 1997 et 2007. On remarque que ce sont dans les cultures céréalières qu’il y en a le plus, ce qui est logique vu qu’il s’agit de la culture la plus répandue en France.

incidents

D’autre part, les effets sanitaires chroniques ont été répertoriés dans le tableau ci-dessous. On remarque que les pathologies citées ne sont pas anodines. Il existe donc un réel risque sanitaire pour les agriculteurs.

maladies

La recherche d’alternatives à notre agriculture actuelle semble donc nécessaire devant les défis se présentant aujourd’hui. Ceux-ci seront de plus en plus importants dans un avenir plus ou moins proche. Il existe des alternatives, alors à nous de voir comment nous pouvons les utiliser pour nourrir tout le monde de manière saine et respectueuse de l’environnement.

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