Evolution de l’agriculture

L’agriculture en France depuis les années 1950

Pour comprendre l’importance des pesticides dans notre agriculture actuelle, il est intéressant d’observer l’évolution de cette dernière.

Nous allons ainsi nous centrer sur son évolution en France au long des cinquante dernières années.

Qu’est-ce qu’une exploitation agricole ?

tracteurLa première définition en fut donnée en 1955 par l’Organisation pour l’Agriculture et l’Alimentation. Il s’agit d’une organisation des Nations Unies, qui est le leader dans la lutte contre la faim et l’aide à la valorisation et modernisation de l’agriculture dans le monde, pour les pays en développement et développés.

Elle caractérise alors les exploitations agricoles comme « tout ensemble de terres d’un hectare ou plus en polyculture, 20 ares ou plus en cultures spéciales, quelle que soit l’activité principale de la personne en ayant l’acquisition ». On rappelle qu’un are correspond à 100m^2, un hectare à 100 ares, soit à 10 000m^2. La polyculture est la culture de plusieurs espèces végétales dans une même exploitation agricole.

Elle doit ainsi produire des denrées agricoles, dépasser une certaine taille et avoir une gestion unique.

L’agriculture française a ainsi connu des changements non négligeables durant cette période.

La révolution agricole

En effet, nous sommes passés d’une agriculture prise en charge par des exploitations familiales, à une véritable économie et mode de production que nous pourrions presque qualifier « d’industrialisé » de par la mécanisation des exploitations. Ainsi, petit à petit, les exploitations agricoles ont laissé place à des entreprises agricoles.

On distingue alors les exploitations professionnelles des particulières, les premières possédant un pouvoir économique, plus important des secondes, de par leur taille et donc leur rendement plus élevé.

De plus, de nouveaux enjeux apparaissent dans la seconde moitié du XXIème siècle. Durant cette période s’est produit ce que l’on appelle la « révolution agricole », qui a durablement changé l’agriculture en France.

En effet, l’évolution des techniques agricoles, couplée à la mécanisation des exploitations, au développement de l’irrigation et à l’utilisation de produits phytosanitaires ainsi qu’aux intrants de synthèse ont permis l’augmentation de la productivité et donc un meilleur rendement.

evolution rendement

Evolution des rendements annuels français moyens (source Agreste)

L’exemple de l’augmentation de la production de maïs nous montre bien comment la productivité française a explosé avec la révolution agricole à partir des années 1950. On remarque en effet que dans le cas du maïs, celle-ci a été multipliée par 9 en 50 ans !

FIGURE 12 1 – UN SYSTÈME DE PRODUCTION POLYCULTURE-ÉLEVAGE

Néanmoins, cela s’est fait au détriment de l’agriculture traditionnelle et du système de « polyculture-élevage », fondé sur un équilibre entre l’alimentation du bétail par le fourrage produit sur place et les déjections animales contribuant à fertiliser les champs.

Ceci a induit de profonds changements. La France a alors perdu de la surface agricole, sans diminuer son rendement, bien au contraire : 72% du territoire métropolitain étaient consacrés à l’agriculture en 1955, contre 59% en 2003. La surface agricole française reste cependant importante. Elle représente 27 millions d’hectares, soit un peu moins de la moitié de sa surface totale. Cette « perte » de terres agricoles s’est faite au bénéfice des espaces forestiers et urbains, en expansion depuis les années 1950, même si l’expansion de ces dernières n’a pas évolué depuis les années 1970.

Ceci a donc eu des conséquences sur le nombre d’exploitations, qui a fortement diminué : on en dénombrait 2,3 millions en 1955 contre 665 000 en 2000 et 516 000 en 2010.

Cette évolution des pratiques agricoles a également modifié le paysage : les grandes cultures entraînent des rotations plus courtes des parcelles, induisant l’utilisation de produits phytosanitaires chimiques. Tout cela provoque la disparition du couvert végétal hivernal, favorisant l’écoulement de l’eau, et donc de tous les produits phytosanitaires qu’elle peut transporter, le lessivage et l’érosion des sols.

L’élevage intensif et la monoculture, notamment céréalière, se sont alors développées, avec les effets que l’on constate : saturation des sols en déjections animales et grande consommation d’eau.

mécanisation agriculturePour permettre la mécanisation de l’agriculture et le passage des machines sur de grandes étendues, les cours d’eau ont été enterrés. Il s’est alors formé des passages pour les polluants, qui ont pu facilement traverser les sols.

L’évolution de l’agriculture et la qualité de l’eau sont donc étroitement liées.

Une autre conséquence est la professionnalisation et la modernisation des exploitations agricoles, d’où l’apparition d’entreprises agricoles de plus en plus nombreuses.

En effet, les agriculteurs sont de mieux en mieux formés, et en moyenne plus jeunes, grâce à la politique agricole commune (PAC) permettant aux exploitants agricoles de prendre leur pré-retraite à 55 ans depuis 1992.

De plus, ils sont passés de 17% à avoir une formation professionnelle en 1970, ils étaient 43% en 2003.

La modernisation des exploitations entraîne également une modification de la répartition des terres, avec pour objectif d’augmenter la production et le rendement pour augmenter les bénéfices.

élevageCe remaniement des terres est aussi induit par les habitudes des consommateurs en perpétuelle évolution. Un exemple est l’augmentation de la consommation de viande. Les surfaces agricoles réservées à l’élevage ont donc augmenté, et celles d’herbes fourragères également, s’accompagnant de la création de prairies artificielles.

La modernisation des exploitations provoque aussi une baisse de demande de main d’œuvre. L’emploi agricole a donc fortement baissé au cours des 50 dernières années. Embaucher moins de personnel et investir dans la mécanisation permettrait à l’exploitant de faire plus de profit.

pobactiveAujourd’hui, la France est l’un des pays agricoles européens employant le moins d’agriculteurs, ce qui peut paraître paradoxal, étant donnée qu’elle est le premier producteur européen. La part de l’agriculture dans la population active française est donc basse : 0,75 million de personnes sur 28,5 millions d’actifs.

Depuis les années 1960 l’agriculture française connaît une période de croissance non-négligeable. Elle a ainsi vu doubler le volume de sa production totale entre 1960 et 2004.

Cependant, la hausse de la production entraîne une baisse des prix, donc une baisse des revenus de l’exploitant, car la production évolue plus rapidement que la demande des consommateurs.

Le  rôle de la Politique Agricole Commune (PAC – Europe) dans cette évolution

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La PAC a en effet tenu un rôle important. Fondée après le traité de Rome (1957), elle fixe des prix de soutien, aussi appelés prix plancher, permettant un minimum de revenus aux agriculteurs, et les protégeant de la concurrence mondiale.

Cependant, lorsque la production européenne devint supérieure à la demande européenne, la PAC se réforma et imposa des quotas, nationaux ou européens, qui engendraient des sanctions économiques en cas de dépassement.

2010-11-17-article_0_730_402Cela ne suffisant pas, elle baissa de manière significative les prix planchers pour faire de l’Europe une puissance compétitive dans le domaine agricole. Ceci a également induit une redistribution des aides, qui au lieu d’être mises dans le maintien de prix planchers, furent dorénavant directement versées sur le compte de l’agriculteur.

On remarque que la France, en tant que premier producteur européen, est l’un des pays à recevoir le plus d’aides de l’Union Européenne.

La réforme de la PAC aide alors à la restructuration de l’agriculture française, aujourd’hui en crise avec un nombre d’exploitation ne cessant de baisser. Les petites exploitations familiales disparaissant au profit des grandes exploitations (élevage ou monoculture par exemples). De plus, le revenu moyen des agriculteurs est en baisse constante depuis les années 50, alors que la production, elle, augmente. Une réforme de l’agricultre paraît donc nécessaire.

Voici les engagements de la PAC à l’horizon 2019 pour tenter de pallier à ces problèmes.

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Pour en savoir plus sur la PAC et son histoire : http://www.chambres-agriculture.fr/agriculteur-et-politiques/tout-savoir-sur-la-pac/

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